Les origines de la stratégie des alliés 

Pour mémoire, la stratégie des alliés peut être liée aux principes de l’art de la guerre de Sun Tzu. Sun Tzu était un général chinois et philosophe militaire, connu pour son livre « L’Art de la guerre », qui est souvent considéré comme un guide stratégique pour les leaders et les managers. 

Même si détaillés au nombre de treize, nous retiendrons ici 4 principes majeurs : 

  • L’importance de la planification et de la coordination. 
  • Un autre principe clé de Sun Tzu est l’utilisation de l’intelligence et des renseignements. 
  • Sun Tzu souligne également l’importance de la flexibilité et de l’adaptabilité dans la stratégie. 
  • Enfin, Sun Tzu insiste sur l’importance de l’unité et de la coordination entre les différentes forces. 

La stratégie des alliés dans le coaching aujourd’hui 

Ceci posé, dans le contexte qui nous intéresse à savoir dans une séquence de coaching, les alliés, sont des personnes que le client choisit comme des sources de soutien interne ou externe et qui répondront aux principes majeurs déjà énoncés. Il peut s’agir de membres de la famille, d’amis, de collègues, ou même de professionnels (thérapeutes, mentors, etc.) qui jouent un rôle important dans la vie du client. Il est important de ne pas sous-estimer les réseaux professionnels gros pourvoyeur de soutiens… 

 Le coach encourage le client à identifier ses alliés et à les exploiter comme des ressources pour l’aider dans sa démarche d’atteinte de ses objectifs. Souvent, il pourra même encourager son client à réaliser une cartographie précise de son environnement pour élaborer une ou des stratégies adéquates. 

Pourquoi utiliser cette stratégie comme outil de coaching ? 

La stratégie des alliés utilisée en coaching est une approche qui vise à créer une relation de soutien et d’accompagnement du coach vers son client. Elle repose sur l’idée que le client est l’expert de sa vie et que le coach est là pour l’aider à explorer ses objectifs, défis et ressources.   

Comment mettre en œuvre une stratégie des alliés ? 

La stratégie des alliés inclut généralement les étapes suivantes : 

  • Identification des alliés : Le coach encourage le client à identifier les personnes qui peuvent soutenir son cheminement personnel et professionnel. Cela peut se faire lors de séances de coaching ou par des exercices d’exploration individuels. 
  • Liaison avec les alliés : Le coach peut aider le client à réfléchir sur les moyens de communiquer et de partager ses objectifs, défis et progrès avec ses alliés sélectionnés. Il peut également aider à élaborer des stratégies pour maintenir une relation de soutien continue avec ces personnes. 
  • Utilisation des alliés comme ressources : Le coach encourage le client à tirer parti des compétences, des connaissances et de l’expérience de ses alliés pour résoudre des problèmes, surmonter des obstacles et atteindre ses objectifs. Il peut s’agir de demander des conseils, de solliciter un feedback, ou de partager des réflexions pour obtenir une perspective différente. 
  • Responsabilisation mutuelle : Le coach encourage le client et ses alliés à maintenir un engagement mutuel envers les objectifs et les actions définies. Il peut s’agir de déterminer des échéances, d’établir des points de contrôle réguliers ou simplement de fournir un soutien émotionnel et motivant. 
stratégie des alliés

Il est possible d’en faciliter l’approche par l’utilisation de matrice socio-dynamique du type de la Matrice de César et Herbemont). Elle peut être complétée par les questionnements suivants : 

  • Avec qui je vais avancer ? 
  • À qui je vais demander d’agir ? 
  • Avec qui je peux me permettre de co-construire ? 
  • Les gens qui agissent pour mon projet sont-ils en contact ? 
  • Sont-ils de plus en plus nombreux ? 
  • Est-ce que je leur donne assez d’informations, de coups d’avance etc. ? 
  • Qui il me reste encore à aller convaincre ? 
  • Sur quel allié de poids puis-je m’appuyer pour le faire ? 
  • Quelles sont les conditions d’adhésion des personnes ? 
  • Sont-elles réalisables ? 
  • Ne suis-je pas en train de perdre mon temps en essayant de convaincre une personne opposante ? 
  • … 

Comment éviter la nuisance des opposants ? 

Un opposant a trois domaines de nuisance dont il faut avoir conscience et pour lesquels il faut trouver des parades :  

La mauvaise influence sur le groupe : l’objectif d’un opposant est de convaincre, de rallier le maximum de personnes à sa cause. En cela, il joue lui aussi sa propre stratégie des alliés consistant à fédérer le groupe des opposants et à faire basculer le maximum d’hésitants.   

La perte de temps : un opposant n’est jamais à court d’arguments et de contre-arguments pour justifier sa position. Il est donc fréquent qu’un manager se retrouve à passer une majorité de son temps (au quotidien, lors d’une réunion) à répondre ou à anticiper les résistances des opposants, au détriment des autres, et pour une efficacité souvent nulle (l’opposant ne pouvant être convaincu par vous que votre projet est bon).  

La déstabilisation : l’opposant, par ses transgressions (quitter la réunion en claquant la porte, s’arrêter de travailler ou interrompre votre présentation), brise les règles que vous ou l’entreprise avaient mises en place. Pas facile d’agir sans aller à la confrontation brutale, et pourtant si vous ne sanctionnez pas, cela peut montrer le manque de solidité de votre leadership ou les impostures du système. 

La gestion des opposants

Les stratégies indirectes  

La première des priorités est d’économiser, par tous les moyens, le temps que vous passez à vous occuper des opposants. Avant d’être une méthode, c’est un choix. Vous devez lutter contre le syndrome de la pie, qui est attirée par ce qui brille, précieux ou pas. Ce qui attire votre attention en tant que manager, c’est la force argumentative et la réactivité de vos opposants. Ecourter vos réponses, éviter de bloquer votre regard sur eux pendant vos présentations, demander l’avis de la majorité silencieuse, etc. Tout cela est une décision, une hygiène qui contrarie l’envie naturelle de se confronter.  

Comme nous le dit la stratégie des alliés, la meilleure façon de vous occuper de vos opposants est de vous occuper des autres. Ayez l’impression que, même en partant du principe qu’un opposant pourrait changer d’avis (ce que nous ne croyons pas), vous êtes le moins bien placé pour le convaincre. Utilisez vos alliés.  

Le cordon sanitaire  

Pour agir de manière structurelle sur vos opposants, vous pouvez utiliser la tactique du “cordon sanitaire”, consistant à isoler vos opposants. À plusieurs niveaux possibles :  

  • Isolement physique : isoler votre opposant ou les rassembler (s’ils sont plusieurs) dans un lieu géographique le plus isolé possible du reste de l’équipe.  
  • Isolement métier : missionner vos opposants avec des sujets qui limitent au maximum les interactions avec vos équipiers. Essayer de trouver des missions techniques et de trouver une mission qui l’éloigne de votre projet et qui utilise le plus possible sa propre expertise.   
  • Isolement d’animation : plutôt que d’animer votre projet par des réunions plénières, privilégier des petits groupes. Conserver des moments pléniers quand vous savez que les opposants ne seront pas là pour la polluer. Tout le monde s’en rendra compte ? Très bien, vous renforcerez ainsi le camp des alliés du projet.   

Le recadrage   

Si l’opposant enfreint ouvertement les règles, le recadrage s’impose. Évidemment, il y a des règles à respecter pour ne pas faire de votre opposant un martyr. Ce que vous devez avoir en tête, c’est non pas l’effet sur l’opposant lui-même mais la façon dont cela sera perçu par le reste du groupe. 

Résumé

En somme, la stratégie des alliés repose sur une idée simple : unir les forces plutôt que de les diviser. Elle vise à identifier, engager et travailler conjointement avec des acteurs clés, qu’ils soient internes ou externes à l’organisation, pour réaliser des objectifs communs. Plutôt que de voir chaque entité comme un concurrent, cette stratégie propose une perspective renouvelée où les adversaires potentiels deviennent des partenaires potentiels. Cela conduit à une collaboration qui transcende les oppositions traditionnelles et crée un terrain propice à l’innovation et à la croissance partagée.